Madame Butterfly à L’Opéra de Montréal

Avec Madama Butterfly, l'Opéra de Montréal propose aux amateurs d'opéra de découvrir (ou redécouvrir) un classique, l'un des chefs d’œuvres de Puccini les plus connus et les plus joués à l'échelle mondiale. Le 17 septembre dernier, j'ai assisté à la générale de Madama Butterly (Madame Butterfly) par l’Opéra de Montréal.

Au tout début du XXe siècle, Puccini s’inspira de l’attrait exercé par l’extrême Orient sur l’Occident pour mettre en musique et en chant une tragique histoire d’amour avec comme thème le choc des cultures entre la société japonaise et la société américaine. Mis en en scène par François Racine. Orchestre Métropolitain dirigé par le chef d’orchestre James Meena.

L’histoire

Au début des années 1900, Pinkerton, un jeune officier de la marine américain épouse une Japonaise geisha âgée de quinze ans nommée Cio-Cio-San (« Madame Papillon » en japonais). Après la nuit de noces, Pinkerton rentre au pays et promet de revenir un ans plus tard… seulement il ne revient pas. La jeune épouse, dévouée à son mari l’attend patiemment et de façon entêtée malgré les avertissements autour d’elle et refuse toutes autres propositions de mariage. Au retour de l’officier, trois ans plus tard, celui-ci apprend qu’il a un fils et souhaite l’adopter… avec sa nouvelle femme! Butterfly, se voyant ainsi déshonorée et trahie, ne verra d’autre choix que de se donner la mort par jigai (forme de suicide rituel pratiqué par les femmes de samouraïs consistant à se trancher la gorge).

Distribution

Cio-Cio-San: Melody Moore

© Yves Renaud
© Yves Renaud

La soprano américaine Melody Moore, a certes une belle voix, mais j’avoue que j’ai décroché quelque peu quand on mentionnait une jeune geisha de 15 ans toute fragile, et que celle qui l’interprète est grande et un peu costaud. Mais bon; on est à l’opéra.

Pinkerton: Demos Flemotomos

© Yves Renaud
© Yves Renaud

Quand au rôle de Pinkerton, on annonçait jeudi que «pour des raisons de santé, le ténor québécois Antoine Bélanger interprétera le rôle de Pinkerton les 19 et 22 septembre». La voix n’est pas des plus puissantes et le jeu très minimale, mais le timbre est beau et il chante juste. Le ténor grecque du nom de Demos Flemotomos a été déclaré «indisposé» au micro samedi soir, mais est censé chanter aux trois dernières représentations.

Suzuki : Allyson McHardy

SuzukiLa mezzo canadienne Allyson McHardy dans le rôle de la servante de Cio-Cio-San apporte beaucoup de vie à la pièce. Elle a donné une très bonne prestation.

B.F. Sharpless: Morgan Smith

consulLe baryton américain Morgan Smith en consul américain a une voix qui porte et a su dégager plus de charisme que le personnage mâle principal.

Décor et costumes

Le décor est superbe; fait de grands panneaux coulissants en bois et en papier de riz, agrémentés d’immenses branches de cerisiers en fleur. Les costumes de kimonos traditionnels colorés sont également très jolis.

Les moments forts

Le mariage

Madame Butterfly à l'opéra de Montréal
© Yves Renaud

J’ai beaucoup aimé une des premières scènes; celle du mariage, dans laquelle Butterfly est cachée parmi le choeur composés de femmes toutes vêtus de costumes japonais traditionnels rouge. L’impact visuel est très intéressant.

Un bel di Verdremo

Madame Butterfly à l'opéra de Montréal
© Yves Renaud

Ensuite, je ne peux passer à côté de l’interprétation de Un bel di vedremo, l’air célèbre du début du second acte, alors que Cio-Cio-San attend le retour de son mari depuis trois longues années. J’en ai eu des frissons.

Des fleurs partout

La scène pendant laquelle Butterfly répand des fleurs partout pour le retour attendu de son époux a également un très beau potentiel poétique.

L’attente

Finalement, la scène sans chant et sans paroles pendant laquelle Butterfly attend, attend et attend l’arrivée de Pinkerton est longue… mais très efficace pour nous faire ressentir le sentiment d’attente et d’impatience qui se loge dans le coeur de l’héroïne.

La mort

Madame Butterfly à l'opéra de Montréal
© Yves Renaud

La scène de la mort devrait effectivement se retrouver dans les moments forts de l’opéra, mais il m’a semblé moins dramatique qu’il aurait du être.

Le Verdict

Je suis heureuse d’avoir pu assister à ce classique de l’opéra. Madama Butterfly propose de beaux moments, une belle distribution et une mise en scène efficace. Seule déception pour ma part; je m’attendais à vivre plus d’émotions. Le tout me semblait un peu froid et j’avais du mal à y croire par moment. Par chance, les moments forts m’ont laissé de beaux souvenirs et une bonne impression générale. Je crois que l’ensemble qui dure 2h35, entracte compris, plaira à tous les publics. Un spectacle complet et un très beau moment d’opéra classique.


Madame Butterfly à l’opéra de Montréal

Dates

Les 19, 22, 24, 26 et 28 septembre 2015

Lieu

Place-des-Arts, salle Wilfrid-Pelletier

Pour réserver

operademontreal.com


Marie-Janelle est la fondatrice et rédactrice en chef de Blog and The City. Foodie, wino et fashionista à ses heures, girly souvent, elle est la geek branchée qui gagne à être connue. Elle a étudié le cinéma, la photographie ainsi que les communications profil médias interactifs et…

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