métier d'agent de bord

5 choses à savoir sur le métier d’agent de bord

Peut-être le savez vous ou peut-être l'ignorez-vous. Oui, jai déjà été agent de bord.

Les gens me demandent souvent pourquoi j’ai expérimenté le métier d’agent de bord, me posent plusieurs questions sur les dessous du métier. La plupart du temps, ce sont les mêmes questions qui reviennent. J’ai donc décidé de rédiger cet article dans l’optique de vous en dévoiler un peu plus sur ce métier souvent considéré comme glamour, mais oh combien exigeant!

Mon expérience

525506_10151671751100284_1034718548_nÀ l’époque où il me restait moins d’une année d’études à l’Université Concordia, j’avais déjà un peu d’expérience dans le domaine des communications (domaine dans lequel j’ai étudié), mais il me manquait quelque chose, il me manquait des expériences de voyage. C’est à ce moment qu’une amie, Emmanuelle, m’a parlé du métier d’agent de bord et m’a appris qu’une grande compagnie canadienne était en pleine période de recrutement. Je me suis donc dit que c’était ma chance de parcourir le monde et d’être payée pour le faire! Quoi de mieux? Alors, j’ai foncé. J’ai envoyé mon CV, eu une première entrevue téléphonique et ensuite le grand jour est arrivé, celui de la journée d’entrevue en personne. Plusieurs heures passées à faire toute sorte d’examens, des examens de gestion du stress, de personnalité, de langue (il ne faut pas oublier que plus on parle de langues dans l’industrie, le mieux c’est!), l’essayage des uniformes et finalement, l’examen médical. Un processus assez intense, à l’image du métier d’agent de bord, mais quelle joie d’apprendre que ma candidature ait été retenue! L’aventure commençait…

5 choses à savoir sur le métier d’agent de bord

1. La formation

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Tiré du film View from the top

Selon plusieurs croyances populaires, il faut suivre une formation avant d’envoyer sa candidature pour exercer le métier d’agent de bord. Mais c’est faux. La grande majorité des compagnies aériennes offre leur propre formation, à l’image de leurs appareils et de leurs standards en service à la clientèle. De mon coté, la formation a été d’une durée d’un mois, du lundi au vendredi, payée par la compagnie. Je recevais même un salaire de base pendant la formation. C’était un peu comme retourner sur les bancs d’école et avoir plusieurs examens à toutes les semaines. Il fallait même avoir de bonnes notes afin de pouvoir être officiellement diplômé. Par contre, j’ai vraiment trouvé cette formation enrichissante, je peux me considérer comme infirmière, pompière et policière haha. Blague à part, mais j’ai maintenant des connaissances de base en réanimation cardiaque, en survie en eau ou en forêt, en intervention d’urgence s’il y a un feu et je peux même maîtriser quelqu’un de violent! Alors attention! Si devenir agent de bord est votre rêve, gardez donc votre argent et oubliez les formations à couts élevés offertes par des écoles privées. Selon moi, ce n’est que du pur marketing et non une nécessité. Une petite expérience en service à la clientèle et une connaissance d’au moins deux langues est pas mal plus important pour devenir agent de bord.

2. Le déménagement

403524_10151772861000284_1036293768_nCe que vous entendez est bien vrai, rares sont les opportunités de débuter une carrière d’agent de bord à Montréal. Il faut être bien chanceux. Habituellement, les ouvertures sont à Toronto ou Vancouver, là où il y a beaucoup plus de vols vers plusieurs destinations. C’est quand même positif d’avoir la chances de découvrir plusieurs endroits et d’être payé pour le faire! J’ai donc bien aimé le fait d’être basée à Toronto, car la plupart de mes vols étaient à destination de l’Europe, et ce, dès le début de ma carrière! C’était aussi ma première expérience de colocation dans une grande ville, avec 6 autres personnes. Oui, vous avez bien lu! Nous étions 7 agents de bord à vivre dans un appartement de deux chambres deux salles de bain en plein coeur du centre-ville de Toronto, pour un « maigre » loyer mensuel de 2000$. Mais on s’entend que nous étions la plupart du temps partis  outre-mer, donc les occasions étaient quand mêmes rares de se retrouver les 7 en même temps. Bref, il ne faut donc pas avoir peur de délaisser sa famille et ses amis et de déménager dans une autre ville. Dans le cas de Toronto, on s’entend que je pouvais quand même prendre le temps de revenir à Montréal à tous les mois, ce n’était pas vraiment compliqué de prendre l’avion (gratuitement!) pour aller voir les gens dont je m’ennuyais.

3. Les horaires de travail

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Bon, inutile de vous dire à quel point les horaires de travail des agents de bord sont tout sauf de 9h à 17h du lundi au vendredi. Au début, vous serez sur appel, et le fonctionnement est différent d’une compagnie à une autre. De mon côté, nous étions sur appel soit de 2am à 2pm ou bien de 2pm à 2am, donc réserve AM ou réserve PM. Il fallait donc être disponible en tout temps durant notre réserve et nous pouvions passer plusieurs journées sans faire de vols. Croyez-moi, ça peut être long longtemps. Heureusement pour moi, ma période de réserve a duré seulement deux mois. Donc deux mois à faire les vols sur lesquels il manquait des agents de bord, souvent pour cause de maladie. Mais, j’ai quand même eu un peu de chance. Je me souviendrai toujours de mon tout premier vol, un 24h à Londres en partance de Toronto. Donc, un vol de nuit pour aller, puis 24h de layover à Londres, et ensuite retour à Toronto. Ça peut paraître banal comme ça, mais faire un vol de nuit avec le décalage horaire, c’est assez épuisant. Pas si mal quand on a 20 ans, mais je n’imagine pas le faire à 50 ans. Par la suite, j’ai eu un peu plus de chance, car je pouvais bidder mes horaires de travail et quand la chance était réellement de mon côté, je pouvais partir pendant 7 ou 8 jours et passer plus de 2 jours à destination à visiter et faire ma touriste. J’ai donc pu découvrir plusieurs grandes villes d’Europe situées en France, Irlande, Allemagne, Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Pays-Bas, Angleterre, etc. C’était tellement enrichissant, mais oh combien épuisant. Il m’arrivait souvent de ne pas du tout dormir sur une période allant jusqu’à 48h. Mon corps supporte mal le décalage horaire faut croire, ou j’étais peut-être juste trop enthousiaste face à l’idée de découvrir une nouvelle destination, qu’il était impossible pour moi de dormir à mon arrivée à l’hôtel. Mais bon, ce n’était pas si mal, car je pouvais quand même m’arranger pour travailler 15 jours de suite et en avoir 15 de congé. Comme si j’avais des vacances à tous les mois.

4. Le salaire

14444971_10157496956525284_6066880504791303746_oLe salaire, c’est bien un aspect du travail qui n’est pas évident lorsque l’on débute dans le domaine. Oui, le taux horaire est très intéressant pour le métier d’agent de bord, il débute à environ 24$/h, selon l’échelle salariale de la compagnie et peut monter jusqu’à 50-55$ dans certains cas. Le taux horaire est encore mieux quand on devient directeur de vol, soit le leader des agents de bord. Mais bon, si vous choisissez vraiment un emploi à cause du salaire, vous n’êtes peut-être pas heureux dans la vie en général. La plupart des agents de bord font ce métier par passion, du moins je l’espère, car les fins de mois peuvent être assez difficile. Surtout lorsque tu es sur appel et que tu travailles moins de 75h par mois. Faites le calcul, ça donne beaucoup moins d’heures que le 35-40h semaine régulier. Et notez que les agents de bord sont payés qu’à partir du moment où l’avion décolle. Donc, ils ne prennent pas un malin plaisir à faire retarder votre vol, si tel est le cas. Non, les agents de bord souhaitent, eux aussi, que l’avion parte à l’heure. Ce qui fait augmenter considérablement le salaire, ce sont les layovers à destination, soit le temps passé à l’extérieur de la base, qui était Toronto dans mon cas. C’est pour ça que j’essayais toujours de partir au moins une semaine, ça me permettait d’augmenter mon salaire de base, tout en découvrant plusieurs villes en peu de temps. Mais il y a un danger avec ça: il est difficile de ne pas dépenser tout son perdiem dans les repas et le magasinage! Je dois avouer que j’étais assez accro aux magasins européens, comme Primark, River Island et New Look. Oups. Ces magasins sont pas mal la cause du débordement de ma garde-robe haha.

5. Les avantages

ProfilVoyageuseOui, s’acheter des vêtements dans les chaînes de magasins que l’on ne retrouvent pas ici au Canada est un excellent avantage, mais on s’entend qu’il n’y a rien de mieux que de voyager pour presque rien. Travailler pour une compagnie aérienne ça signifie non seulement avoir de bons avantages avec cette compagnie, mais aussi avoir des avantages avec certaines autres compagnies. Je pouvais donc voyager en stand-by, donc lorsque l’avion n’était pas rempli à pleine capacité. Je ne veux pas vous rendre jaloux, mais il m’arrivait souvent, dans mes journées de congé, de partir, que ce soit au Canada, aux États-Unis ou en Europe, pour 100$ aller-retour ou pour même 0$ dans certains cas. Wow, la belle vie ça. Mais je dois dire que ces petites escapades, je les méritais, après avoir subit tous les caprices de centaines de passagers dans les jours précédents, après avoir affronté des passagers agressifs, saouls ou soudainement malades. Ouais, on peut dire que ça, c’est un peu moins la belle vie. Mais c’est vraiment la réalité du day-to-day du métier d’agent de bord, chose que plusieurs personnes ignorent. Aussi, un autre avantage qu’il ne faut pas oublier de mentionner, c’est que j’ai eu la chance de faire la rencontre de personnes extraordinaire tout au long de cette aventure. J’ai passé par une si grande gamme d’émotions en si peu de temps et seules mes collègues pouvaient vraiment comprendre ce que je vivais. Maintenant, certains de ses ex-collègues sont devenus de précieux amis que j’ai encore la chance de côtoyer. Je remercie donc la vie d’avoir mis de si belles personnes sur mon chemin!

Bref, avec tout ce que j’ai vécu pendant cette grande aventure, en si peu de temps, on peut dire que j’ai une grande patience… elle a été mise à l’épreuve à maintes et maintes reprises pendant un an. Je songe même à faire un prochain article sur les mauvaises habitudes des passagers, oui celles qui sont dérangeantes voir même impolies. Ah #lesgens. À suivre!

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Stéphanie Larocque

Stéphanie est responsable des relations publiques et blogueuse pour Blog and the City. Elle a un côté un peu princesse et elle aime les choses « fancy », surtout les boucles. Malgré ce que les gens ont tendance à croire, elle a-d-o-r-e manger, elle est vraiment sans fond et a…

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